Design 3 min de lecture

Validation de projet qui valide quoi entre marque, designer et fournisseur ?

Une matrice de responsabilités sur une page pour savoir qui prépare, qui approuve, qui est consulté et qui est informé, des données produit jusqu’au BAT.

Couverture Foldline : une matrice de responsabilités avec les lettres R, A, C et I réparties entre plusieurs rôles.

« Je pensais que tu avais relu. » Beaucoup d’erreurs d’impression ou de packaging ne viennent pas d’un manque de compétence, mais d’une validation que chacun croyait faite par quelqu’un d’autre : un code-barres jamais vérifié, une traduction relue par personne, une dimension changée sans prévenir le fabricant.

Une matrice de responsabilités répartit, pour chaque décision, qui la prépare, qui l’approuve, qui doit être consulté et qui doit seulement être informé. Elle tient sur une page et évite la plupart des « ce n’était pas à moi de vérifier ».

L’essentiel en 30 secondes

  • Listez les décisions du projet, pas seulement les tâches.
  • Pour chaque décision, une seule personne approuve.
  • Distinguez les personnes consultées avant la décision et celles informées après.
  • Nommez un responsable pour les données produit, les mentions réglementaires et chaque langue.
  • Partagez la matrice au lancement et mettez-la à jour à chaque changement d’interlocuteur.

Quatre rôles pour chaque décision

La méthode la plus répandue, souvent appelée RACI, attribue quatre rôles :

  • R, réalise : la personne qui prépare le travail ou l’information ;
  • A, approuve : la seule personne qui décide et assume la validation ;
  • C, consulté : son avis est requis avant la décision ;
  • I, informé : il est prévenu une fois la décision prise.

La règle la plus utile est simple : une seule lettre A par décision. Deux approbateurs reviennent souvent à n’en avoir aucun, chacun pensant que l’autre a vérifié.

Les décisions à couvrir

Dans un projet de marque, de packaging ou d’impression, les décisions suivantes reviennent presque toujours. Adaptez la liste au projet, puis attribuez les rôles.

Matrice de responsabilités : huit décisions en lignes, quatre rôles en colonnes, avec les lettres R, A, C et I.
Qui valide quoi ? Exemple de matrice — Exemple fictif à adapter. Une seule lettre A par ligne.
Lire le schéma en texte

Rôles : direction de la marque, responsable produit ou qualité, designer, fabricant ou imprimeur. Brief et budget : A direction, C produit, C designer. Textes marketing : A direction, R designer. Données produit et codes : A produit, I designer. Mentions et traductions : A produit, R relecteurs. Gabarit et faisabilité : A fabricant, C designer. Design et couleurs : A direction, R designer, C fabricant. BAT : A direction, C produit, R designer, C fabricant. Contrôle à réception : A produit, I fabricant.

  • Le brief, les objectifs et le budget.
  • Les textes marketing et le nom des produits.
  • Les données produit : dimensions, poids, références, codes-barres.
  • Les mentions réglementaires et leur traduction.
  • Le gabarit, la matière et la faisabilité technique.
  • Le design et les couleurs.
  • Le BAT et la mise en production.
  • Le contrôle à la réception.

Le brief créatif est le bon endroit pour joindre cette matrice : elle fixe dès le départ qui fournit quoi.

Les zones grises qui causent les erreurs

Les erreurs se concentrent là où les responsabilités se touchent. Le designer met en page les données reçues : il peut signaler une incohérence, mais il n’est pas en mesure de garantir l’exactitude d’un poids, d’une composition ou d’un code qu’on lui a transmis. L’imprimeur contrôle la faisabilité technique et la conformité au BAT signé, pas la justesse du contenu.

Trois colonnes : la marque garantit les contenus et les données, le designer la mise en page et les fichiers, le fabricant la faisabilité et la conformité au BAT.
Ce que chacun peut garantir — Ce que chaque partie maîtrise réellement, et ce qu’elle ne peut pas vérifier à votre place.
Lire le schéma en texte

La marque garantit les textes, les données produit, les mentions validées et les décisions. Le designer garantit une mise en page conforme au brief et aux données reçues, et des fichiers techniquement propres. Le fabricant garantit la faisabilité technique et la conformité de la production au BAT signé. Personne ne peut garantir des données qui n’ont pas été fournies ou vérifiées par leur responsable.

Les langues forment une autre zone grise : chaque version linguistique doit être relue par une personne compétente, nommée dans la matrice. Enfin, un changement tardif, comme une nouvelle dimension ou un nouveau texte, doit déclencher une réévaluation par les personnes concernées, et pas seulement une correction rapide du fichier.

Mettre la matrice en place

Préparez la matrice au lancement, sur une page, avec des noms plutôt que des fonctions. Indiquez un suppléant pour chaque approbateur en cas d’absence. Partagez-la avec le designer et les fournisseurs, puis mettez-la à jour à chaque changement d’interlocuteur.

Au moment du BAT, la matrice indique qui doit relire quoi avant la signature. La checklist BAT reprend cette logique en cinq passes, et le guide valider un emballage avec un fournisseur détaille les étapes concernées.

Exemple pédagogique : une gamme de trois sauces

Une marque fictive lance trois sauces. Lors d’un projet précédent, un code-barres copié d’une ancienne étiquette avait été imprimé sur une nouvelle référence : le commercial l’avait transmis, le designer l’avait placé, l’imprimeur l’avait imprimé, et personne n’en avait la responsabilité.

Pour ce lancement, la matrice désigne la responsable qualité comme approbatrice des données produit et des mentions. Le designer est consulté sur la lisibilité, le fabricant sur la faisabilité. Au BAT, la responsable qualité compare chaque code à la liste officielle avant signature, comme le recommande le guide sur les codes-barres GS1. L’erreur ne se reproduit pas.

Questions fréquentes

Peut-il y avoir deux approbateurs ?

Mieux vaut un seul approbateur par décision, avec d’autres personnes consultées. Si deux validations sont nécessaires, séparez la décision en deux lignes.

Le designer peut-il être approbateur ?

Oui, pour la qualité technique des fichiers qu’il produit. Le contenu, les données et les mentions restent sous la responsabilité de la marque.

Faut-il un logiciel de gestion de projet ?

Non. Un tableau partagé suffit, à condition d’être à jour et connu de tous.

Que faire si l’approbateur est absent au moment du BAT ?

Prévoyez un suppléant nommé dans la matrice. Sans lui, mieux vaut décaler la validation que signer sans relecture.

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